Construire, manipuler, observer, réfléchir, échanger, expérimenter… Les apprentissages prennent des formes variées. À travers notre activité autour des fusées propulsées par des ballons, nous avons l’occasion de réfléchir à la manière dont les élèves apprennent, mais aussi à la capacité de leur cerveau à évoluer au fil des expériences.
Apprendre de différentes manières
On entend souvent dire : « Cet enfant est visuel », « celui-ci est auditif », « le mien a besoin de bouger pour apprendre ».
Pourtant, les recherches ne montrent pas qu’un enfant apprendrait mieux si l’enseignement correspondait systématiquement à un style d’apprentissage qui lui serait propre.
Plutôt que de mettre les élèves dans des cases, il est donc intéressant de varier les situations et les modalités d’apprentissage : observer, écouter, lire, écrire, manipuler, expérimenter, expliquer…
Lors de la construction de leurs fusées, les élèves peuvent ainsi s’impliquer de différentes façons. Certains manipulent le matériel, d’autres observent, réfléchissent, échangent des idées ou proposent des solutions. Ces approches se complètent et contribuent à faire avancer le travail du groupe.
Les fusées : expérimenter, ajuster et recommencer
Pour notre dernière séance consacrée aux fusées, les élèves disposaient d’autant de pailles et de ballons qu’ils le souhaitaient. Chaque groupe pouvait donc multiplier les essais et faire ses propres choix pour tenter de faire avancer sa fusée le long d’une corde.
En observant le mouvement, en comparant les résultats et en ajustant leurs essais, les élèves ont été amenés à mobiliser leurs connaissances, à formuler des hypothèses et à chercher des solutions.
L’objectif n’était pas seulement d’obtenir un résultat, mais aussi de comprendre ce qui se passe, de réfléchir aux possibilités et d’apprendre de chaque tentative.
Quel rapport avec la plasticité cérébrale ?
La plasticité cérébrale désigne la capacité du cerveau à se modifier au fil des expériences et des apprentissages. Au cours de ces processus, les connexions entre les neurones peuvent notamment se renforcer ou évoluer.
Lorsqu’un élève essaie, observe, réfléchit, échange avec ses camarades et adapte sa démarche, il mobilise ses connaissances et développe de nouvelles stratégies. Les expériences répétées et les apprentissages participent ainsi à l’évolution de son cerveau.
Une erreur n’est donc pas nécessairement un échec : elle peut apporter une information utile, inviter à changer de stratégie et permettre de mieux comprendre un phénomène.
Bien sûr, une seule activité ne suffit pas à démontrer la plasticité cérébrale. Mais elle offre une illustration concrète d’une démarche dans laquelle les élèves peuvent apprendre en agissant, en réfléchissant et en ajustant leurs choix.
Apprendre, c’est construire progressivement ses connaissances
Ces activités nous rappellent l’importance de proposer des situations d’apprentissage variées, dans lesquelles les élèves peuvent observer, manipuler, questionner, expliquer et expérimenter.
Il ne s’agit pas de trouver une méthode unique pour chaque enfant, mais de lui offrir différentes occasions d’apprendre, de mobiliser ses ressources et d’en développer de nouvelles.
Apprendre, c’est aussi essayer, comprendre, ajuster et progresser. Et le cerveau reste capable d’évoluer tout au long de la vie.
